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ne soit qu’un feu de paille. — Je veux dire, Anfissa Pétrovna, que je n’ai dessein d’offenser personne. Je commence par déclarer que Foma Fomitch est l’homme le plus généreux, qu’il est doué des plus hautes qualités, mais il a été injuste envers moi dans cette affaire.

— Hem ! grogna Obnoskine, comme pour pousser encore mon oncle.

— Paul Sémionovitch, mon honorable Paul Sémionovitch ! Croyez-vous vraiment que je ne sois qu’une poutre insensible ? Mais je vois tout ; je comprends tout ; je comprends tout avec les larmes de mon cœur, je puis le dire : je comprends que tous ces malentendus sont le produit de l’excessive amitié qu’il a pour moi. Mais je vous jure qu’en cette affaire, il est injuste. Je vais tout vous dire ; je veux raconter cette histoire dans sa pleine vérité, dans tous ses détails, pour que tout le monde en voit clairement les causes et décide si ma mère a raison de m’en vouloir parce que je n’ai pas pu satisfaire Foma Fomitch. Écoute-moi, toi aussi, Sérioja — ajouta-t-il en se tournant vers moi. (Et il garda cette attitude pendant tout son récit comme s’il n’eut guère eu confiance en la sympathie des autres assistants.)

— Écoute-moi, toi aussi et dis-moi si j’ai tort ou raison. Voici le