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VENGEANCE FATALE

auprès d’Hortense, mais cette dernière n’était pas encore de retour. Il allait repartir assez tristement, lorsqu’il aperçut la voiture qui la ramenait à la maison. Hortense, en apercevant son fiancé, ne put retenir un cri de joie.

Si l’on songe qu’il passaient rarement une journée sans se voir, la séparation des deux amoureux leur avait paru longue. Aussi leur première rencontre après le départ du jeune homme ne pouvait manquer d’être joyeuse ; le fait est que leur conversation ne tarissait point. Entre autres choses, Hortense demanda à Louis la cause de son absence du dîner où on l’avait attendu. Ne sachant trop comment s’excuser, il se contenta de dire qu’un travail commandé par son patron et qui ne pouvait souffrir le moindre retard l’avait empêché de se rendre à l’invitation de la jeune fille. Hortense parut satisfaite de cette réponse.

Ils causèrent ainsi pendant une grande partie de l’après-midi de ces milles propos vieillis et néanmoins toujours nouveaux entre amoureux, sans s’apercevoir de l’heure qui avançait sans cesse.

Ils furent enfin rappelés de leur tête-à-tête par l’arrivée de M. Darcy. Louis resta à souper.

Il fut gai au commencement du repas ; mais tout à coup il devint froid et sérieux. Ses yeux avaient rencontré le fameux jonc et devaient y demeurer fixés jusqu’à la fin du souper.

M. Darcy feignit de ne pas s’en apercevoir ; Hortense ne savait à quoi attribuer ce changement dans l’attitude de Louis.

Quant à ce dernier, un violent combat se livrait