Page:Dollier de Casson - Histoire du Montréal, 1640-1672, 1871.djvu/43

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la personne qui lui avait parlé que MM. du Montréal étaient plus zélés pour l’ouvrage commencé que jamais, que pour marque de cela, ils venaient de s’unir authentiquement par un acte public afin d’y travailler, qu’ayant appris toutes ces choses à cette personne, cela n’empêcha pas qu’il alla voir Monsieur et Madame la Duchesse de Liancourt pour lui faire la même proposition, ce qui fut en vain, car elle n’eut d’autre réponse, sinon, qu’ils travaillaient pour le Montréal.

“ Tout cela m’a bien fait adorer la Providence Divine, ajouta-t-elle, quand j’ai su à mon retour que Monsieur Lemoine avait été pour mener du secours dans le pays des Hurons, a été obligé de relâcher, les trouvant qu’ils venaient tous, du moins autant qu’il en restait, car enfin, si tout ce monde avait tourné ses vues et avait fait ces dépenses pour ce dessein, à quoi est-ce que tout cela aurait abouti ? L’état pitoyable où j’avais laissé les hommes me fesait compassion, mais le ciel qui voulait les humilier n’a pas permis que ces serviteurs, ayant ouvert leurs bourses pour un ouvrage qu’ils ne voulaient pas maintenir ; il a choisi dans le Montréal une œuvre qu’apparemment il voulait rendre plus solide. Son saint nom soit à jamais béni.

De l’automne 1650 jusqu’a l’automne 1651, départ des navires du canada.


Les Iroquois n’ayant plus de cruautés à exercer au dessus de nous, parcequ’il n’y avait plus de Hurons à détruire, et que les autres sauvages s’en étaient enfuis dans des terres qu’ils ne pouvaient les aller chercher à cause du défaut de chasse et qu’il faut être plus adroit à la pêche qu’ils ne le sont pour aller dans le pays on ils s’étaient retirés, tournaient la face vers l’isle de Montréal qu’ils regardaient comme le premier objet de leur furie, dans leur descentes, pour ce sujet l’hiver étant passé, ils commençaient tout de bon à nous attaquer, mais avec une telle opiniâtreté qu’à peine nous laissèrent-ils quelques jours sans alarmes ; incessament nous les avions sur les bras, il n’y a pas de mois cet été où notre livre des morts ne soit marqué en lettre rouge par les mains des Iroquois ; il est marqué de leur côté, ils y perdaient bien plus de gens que nous, mais comme leur nombre était incomparablement plus grand que le notre, les pertes aussi nous ôtaient plus considérables qu’à eux qui avaient toujours du monde pour remplacer les personnes qu’ils avaient perdues dans les combats, que si les troupes étaient présents, je donnerais aux braves soldats qu’étaient pour lors les éloges qu’ils ont mérités, !