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tirer à soi, qu’un succès de leurs armes auquel Dieu ne l’eut peut-être pas accordé si Dieu ne l’eut pas trouvé si digne de sa possession. Enfin les vaisseaux de France nous arrivèrent et nous rapportèrent M. d’Aillebout pour gouverner en la place de M. de Montmagny ; [1] la joie de ceux de Montréal fut grande lorsqu’ils surent qu’un des associés de la compagnie venait en Canada pour être gouverneur. Mais elle fut modérée dans l’esprit de M. de Maison-Neufve et de Mlle Mance par une nouvelle qu’ils eurent que plusieurs des notables de la compagnie du Montréal avaient été divertis de ce dessein ici, qui exprès leur faisaient prendre le change en faveur du Levant et que M. LeGauffre, un des plus illustres et anciens associés, ayant laissé par son testament 30 000 livres pour fonder ici un évêché, on avait perdu cotte somme par arrêt, faute d’avoir diligemment vaqué à cette affaire. Voilà donc les fâcheuses nouvelles qu’ils apprirent et dont M. d’Aillebout les assura. Mais ensuite, afin de les consoler un peu, il apprit à M. de Maison-Neufve qu’il apportait une ordonnance de la grande compagnie, laquelle croissait la garnison de six soldats, et que au lieu de 3 000 livres que l’on avait donné jusqu’alors de gage pour lui et ses soldats, il aurait à l’avenir 4 000 livres ; MM. de la Grande Compagnie voulant en cela reconnaître les bons et agréables services que le pays recevait du Montréal sous son digne Gouverneur.


de l’automne 1648 jusqu’à l’automne 1649, au départ des navires du canada.


La plupart des Iroquois furent tous occupés cette année à harceler les Hurons et les réduire aux abois dans leur propre pays ; nous ne fumes travaillés ici que par de petits partis dont on vint facilement à son honneur par la prudence de M. de Maison-Neufve et la générosité des braves Montréalistes qu’il commandait. Le printemps arrivé, M. d’Aillebout envoya ici M. de …… son neveu, avec 40 hommes qu’il commandait sous le nom de camp volant, afin d’y aider à y repousser des ennemis, ce qui fut plus aisé que de les battre, car aussitôt qu’ils entendaient le bruit des rames de ses chaloupes, ils s’enfuyaient avec une telle vitesse qu’il n’était pas facile de les attraper et de les joindre ; ce renfort encouragea

  1. Le 20 août 1618, M. d’Aillebout mouilla devant Québec et fut reçu gouverneur. M. de Montmagny partit le 23 septembre suivant. M. d’Ailleboutz, gouverneur de Montréal le 7 septembre 1645 à octobre 1647. Puis s’est embarqué pour France le 21 décembre 1647 — est revenu gouverneur du Canada le 20 août 1648.