Page:Dollier de Casson - Histoire du Montréal, 1640-1672, 1871.djvu/24

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vrir des iroquois et de leur donner le loisir de respirer un peu à l’ombre de ces arbres dont la prairie voisine était bordée ; où les chants et la vue des petits oiseaux et des Meurs champêtres les aidaient à attendre avec patience l’arrivée des navires dont enfin ils eurent des heureuses nouvelles par M.  d'Arpentigny,qui voulut lui-même en être le porteur, tant il les trouva avantageuses ; aussi ne pouvaient-elles pas être meilleures ; il leur apprit que Messieurs les associés de cette Isle s’étaient tous offerts à Dieu par les mains de la Ste. Vierge, le jour de la présentation dans l’église de Notre-Dame de Paris, y présentant leurs vœux et desseins pour le Montréal et qu’ensuite pour marquer leur bonne volonté par les effets, ils avaient donné 40,000 livres pour l’embarquement dernier, lesquelles 40,000 livres avaient été mises en diverses denrées dont il apportait une quantité dans sa hargne, en laquelle il avait une douzaine de bons hommes que ces messieurs avaient engagés, entr’autres un fort habile charpentier dont il leur lit grand récit. Cet homme est. encore ici où Dieu lui a donné une famille nombreuse ; au reste, quoiqu’on lui ait donné le nom Minime qui est le plus ravalé chez tous les Tutens, il n’était pas toutefois le moindre dans les combats mm plus que dans sa profession ; nous devons l’aveu de ces vérités à son courage et aux services qu’il a rendu en cette Isle, laquelle est presque toute bâtie de ses maisons ou par ceux qu’il enseigné ; Monsieur de la Doversière qui a été toujours le procureur de la compagnie, lequel le connaissait bien, afin de le gagner et de le gratifier lui donna la conduite de plusieurs pièces du canon qu’il amena en ces lieux ; si toutes ces bonnes nouvelles réjouirent grandement un chacun de ceux qui étaient an Montréal, M. de Maison-Neufve et Mlle Mance, reçurent encore une joie bien plus grande que tous les autres, lorsqu’on lisant les lettres de France, ils apprirent que leur compagnie s’était tellement accrue depuis qu’on avait eu du dessein du Montréal par le moyen des copies qu’on avait distribué, selon la convention qu’en avait été faite entre M.  de la Doversière et Mlle Mance, un an auparavant là Larochelle, comme nous avons dit que le nombre des associés se montait à 45 personnes toutes fort qualifiées, entre lesquels étaient entre autres parmis les hommes : Monsieur le duc de Liancourt, l’abbé Bareaux, de Moumor, de la Marguerye, Goffre, de Renty, Bardin, Merangy, de Chaudebonne,Duplessis, Mombar, de St.Fremin, de Fancan, de la Doversière, Duval, les deux frères MM. Le Prêtre, comme aussi du Séminaire de St. Sulpice, feu M. Ollier, M. de Bretonveilliers, M. l’abbé de Kélus et autres ; parmis les femmes, Madame la Chancelière, Mesdames de Villersavin, Seguin et plusieurs autres, entre lesquels je comprends madame de Bullion