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bandé jusqu’à brûle-pourpoint, ils les eurent tirés, sans que le Batara Flamand qui est un célèbre entre les Iroquois, cria à un Français lequel étant derrière de parler promptement, ce Français ayant dit : “ Ne tirez pas camarades, ils viennent en paix.” Alors les convalescents cessèrent de les tenir couchés en joue et s’approchèrent comme amis ; ce qui fit bien plaisir à messieurs les Iroquois. Ce que nous avons encore à remarquer du fort St. Anne, au sujet du Montréal, est que si l’ecclésiastique du Montréal n’y était allé en ce temps-là, on n’aurait pas du moins sitôt tenté le voyage du Montréal, parcequ’on ne le croyait pas sitôt possible à cause des glaces, ce qui aurait causé la mort à bien des gens qui seraient morts sans confession ; je dois dire outre ceci que l’hôpital du Montréal s’est signalé par une confusion de malades qu’il a reçu de celui-là, auquel il a rendu tant de services en cette maladie qu’il en mérite trop de louanges pour n’en pas parler, comme aussi de la quantité de malades et de blessés qu’il reçut tout l’an dernier des forts de St. Louis et de St. Jean, sans omettre ceux de cette petite armée de M. de Courcelle qui trouva heureusement ce lieu à son retour pour ses malades et blessés, après cette terrible guerre de l’hiver que nous avons oublié de dire en son lieu. Nous n’avons rien à dire du voyage que fit M. de Tracy cette année en l’Ile du Montréal, parcequ’il ne s’y passa rien d’extraordinaire, de telles courses n’étaient pas surprenantes à M. de Tracy qui en a beaucoup entrepris de semblables pour le service du Roi qui l’obligea de se transporter en ce lieu, afin de se faire connaître aux sauvages, comme étant le lieu le plus avancé du fleuve et où ils se rendent plus communément. M. Tallon y monta aussi dans le même temps tant pour le même sujet que pour y exercer, en qualité d’intendant,toutes les fonctions que le service du Roi pouvait exiger de sa personne, lequel fit à l’édification et à la satisfaction de tout le public, qui le vit marcher de maison en maison suivant les côtes de cette Ile, afin de voir jusqu’au plus pauvre, si tous étaient traités selon la justice et l’équité, et si la nécessité de quelques uns n’exigeait point la participation de ses libéralités et aumônes, de quoi il s’est dignement acquitté. Nous ne devons pas oublier en cette année le passage de M. Souart en France, qui y alla exprès pour chercher des ouvriers évangéliques, parceque le nombre en était trop petit pour des nations d’une aussi vaste étendue.