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Rémi

Dame, mam’ Lefèvre, quand j’vois une si jolie p’tite femme si malheureuse, qu’ça m’en rend tout triste voyez vous ?


Mad. Lefèvre

Ce bon Rémi !… Tiens vois-tu ce journal ? Eh ben, il y a un mot, un scélérat d’mot et si ce mot, ma nièce Thérèse voulait… malgré qu’j’en veux à tous ces coquins d’ministres… eh ! ben, malgré ça, j’crois que j’dirais à Thérèse d’en profiter.


Rémi (allongeant la tête)

Quéqu’c’est que c’mot là, donc, mam’ Lefèvre ?


Mad. Lefèvre (lui mettant le journal sous le nez)

Tiens, lis.


Rémi

« Le divorce ! »


Mad. Lefèvre

Oui, oui, le divorce !… Loi infâme… mais qui rendrait libre ma pauvre Thérèse.


Rémi

Ah ! Mam’ Lefèvre, t’nez, faut que j’vous dise tout c’que j’ai sur l’cœur !… D’puis que j’vois la bourgeoise, mam’ Thérèse si malheureuse avec son mari, que j’me suis mis à l’aimer d’tout mon cœur !… Et je m’disais souvent : Dieu ! Si j’avais une p’tite femme comme ça… j’la rendrais t’y heureuse !… Tous les jours levé de bonne heure, j’varlopperais avec courage, j’y achèt’rais un tas d’colifichets de toilette, j’voudrais qu’alle éclipse toutes les autres, et…


Mad. Lefèvre

Ce bon Rémi !