Page:Documents relatifs à l’extension des limites de Paris.djvu/3

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


RAPPORT À L’EMPEREUR


(Moniteur du 12 Février 1859)



Sire,


En 1841, lorsqu’on résolut de protéger Paris contre toute chance d’agression extérieure par une fortification continue, tout le monde pensa que les groupes d’habitations déjà considérables qui se pressaient autour du mur d’octroi, bien qu’ayant une administration municipale distincte, n’en feraient pas moins partie intégrante de l’agglomération parisienne.

Rien n’eût été plus facile, plus opportun peut-être, que d’effectuer du même coup la réunion en une seule commune de tous les territoires enfermés dans la ligne des fortifications. Le bon sens public ne comprenait pas qu’une ville eût deux murailles, et qu’au sein d’une même population il existât à la fois divers régimes administratifs et financiers.

Mais les intérêts qui s’étaient fondés sur cette diversité dans les communes suburbaines s’agitèrent ; le Gouvernement, attaqué par les partis au sujet de la fortification même, et le parlement, affaibli par les divisions intestines, s’entendirent pour dégager la grande affaire de la défense nationale de toute difficulté relativement secondaire, et l’organisation définitive du nouveau Paris fut ajournée. Un article de la loi du 3 avril 1841 régla que l’octroi de Paris, c’est-à-dire l’administration parisienne, dont l’octroi est l’expression, parce qu’il est la source de sa richesse, ne pourrait être reporté aux fortifications qu’en vertu d’une loi spéciale.

La construction d’une nouvelle enceinte impliquait toutefois si clairement la destruction de l’ancienne, l’annexion à Paris des communes comprises entre