Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 8.djvu/51

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

grises, violettes, noirâtres, quelquefois veinées & semées de différentes lignes ou taches de toutes sortes de couleurs agréables à la vûe.

On seme cette plante au printems dans les champs & dans les jardins ; elle est annuelle, fleurit l’été, & mûrit l’automne ; on la mange en gousse quand elle est encore verte & tendre ; on mange aussi sa semence dépouillée des cosses : nous les appellons alors féverolles. On peut conserver les haricots avec leurs gousses pendant toute l’année, en les confisant au vinaigre avec une saûmure de sel.

L’haricot d’Egypte, phaseolus egyptiacus nigro semine, est un arbre sarmenteux qui pousse ses branches & ses feuilles comme la vigne, & porte des fleurs deux fois par an. Prosper Alpin vous en donnera la figure & la description ; vous trouverez dans Koempfer celle du phaseolus des Japonois, dont ils font des mets liquides & solides. (D. J.)

Haricot, (Diete & Mat. méd.) Personne n’ignore l’usage de ce légume dans la cuisine, & que sa semence fournit un aliment utile & commode ; elle nourrit beaucoup, elle convient en tout tems à ceux qui ont l’estomac bon, & qui sont jeunes & robustes, ou qui font beaucoup d’exercice ; mais les personnes délicates, les gens d’étude & ceux qui menent une vie sédentaire doivent s’en abstenir, parce qu’elle est venteuse, qu’elle charge l’estomac, & se digere difficilement. Geoffroy, Mat. méd. & Lemery, Traité des alimens.

Ceci n’est vrai que des semences d’haricot mûres & seches ; car les haricots verds mangés avec leur gousse, lorsqu’ils sont tendres & dans leur primeur, fournissent un aliment aqueux, très-peu abondant, & qui se digere presque aussi facilement que la plûpart des herbes que nous préparons pour l’usage de nos tables.

Les haricots passent pour apéritifs, résolutifs & diurétiques, & pour exciter les mois & les vuidanges.

On fait entrer leur farine dans les cataplasmes émolliens & résolutifs, & elle vaut tout autant pour cet usage que les quatre farines appellées résolutives. Voyez Farines résolutives.

On a attribué à la lescive de la cendre des tiges & des gousses d’haricot une vertu particuliere pour faire sortir les eaux des hydropiques : mais comme nous l’observons dans plusieurs articles, à-propos de pareilles prétentions, la plûpart des sels lixiviels n’ont presque que des propriétés communes. Voyez Sel lixiviel. (b)

HARLE, s. m. merganser, Aldr. (Hist. nat. Ornitholog.) oiseau aquatique qui pese quatre livres ; il a deux piés quatre pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue ou des piés, & trois piés quatre pouces d’envergure. Le dos est large & plat ; la partie supérieure du cou & de la tête a une couleur verte noirâtre & brillante ; la face supérieure du corps est mêlée de blanc & de noir. La queue a une couleur cendrée ; la face inférieure du corps est grise, à l’exception des aîles qui sont blanchâtres en-dessous. Le bec est étroit, dentelé, crochu, en partie noir & en partie roux, & long d’environ trois pouces. Les piés ont une belle couleur de rouge, & il y a une membrane entre les doigts. Les plumes du sommet de la tête sont hérissées & font paroître la tête plus grosse qu’elle ne l’est en effet. Cet oiseau se nourrit de poisson. Rai, synop. avium, part. CXXXIV.

HARLEBECK, (Géog.) petite place de la Flandre autrichienne, sur la Lys, à une lieue de Courtrai, sept S. O. de Gand. Long. 21. 1. latit. 50. 52. (D. J.)

HARLECH, (Géog.) petite ville d’Angleterre, capitale du Mérionesthire, dans la province de Gal-

les, à 168 milles de Londres. Long. 13. 20. lat. 52. 55. (D. J.)

HARLEM, ou HAARLEM, (Géog.) ville des Provinces-Unies dans la Hollande ; l’ancien nom est Haralhem. On ne sait ni quand, ni par qui cette ville fut commencée ; mais du tems de Thierry VI. en 1155, elle étoit déjà peuplée & assez fortifiée : en 1217, les bourgeois de Harlem accompagnerent Guillaume I. qui partoit pour la Terre-sainte.

Harlem est dans le territoire des Marsatiens, ancien peuple dont le pays de Kennemerland a pris son nom ; elle a été la capitale de ce pays, qui est partagé entre plusieurs villes ; & sa partie occidentale est toûjours de la jurisdiction de Harlem. Autrefois la ville étoit seulement au bord méridional de la Spare, riviere qui se jette dans l’Ye à Sparemdam : mais en 1400, on aggrandit la ville, & on l’étendit au-delà de cette riviere, qui la traverse à présent. En 1310, les chevaliers de l’Hôpital de S. Jean de Jérusalem furent reçûs à Harlem : aussi possede-t-elle dans ses archives bien des choses curieuses sur l’ordre des chevaliers de Malte, dont il auroit été à souhaiter que M. l’abbé de Vertot eût eu connoissance.

Cette ville a été incendiée plusieurs fois dans la suite des tems ; savoir en 1347, en 1351, & en 1587. En 1571, les Harlemois se soûmirent au prince d’Orange, ou plûtôt s’y donnerent. En 1573, elle fut obligée, après une défense admirable, de se rendre aux Espagnols à discrétion : ceux-ci firent pendre les magistrats, les pasteurs, & plus de quinze cents citoyens ; ils traiterent & cette ville & les Pays-Bas comme ils avoient traité le Nouveau-monde. La plume tombe des mains quand on lit les horreurs qu’ils exercerent : on en conserve encore les planches gravées en bois dans le pays.

Paul IV. avoit érigé Harlem en évêché ; mais elle n’a eu que deux évêques ; elle se glorifie de l’invention de l’Imprimerie : c’est ce qu’on examinera au mot Imprimerie.

Harlem est située à trois lieues O. d’Amsterdam, six N. E. de Leyde, & sept S. E. d’Alckmar. Long. 22. 5. lat. 52. 23. 58.

Entre les gens de lettres dont Harlem est la patrie, je me contenterai pour abréger, de nommer Hoornbeck, Scriverius & Trigland, qui ont acquis de la célébrité dans les Sciences qu’ils ont cultivées. J’ai parlé ailleurs des artistes.

Hoornbeck (Jean) a été un des fameux théologiens calvinistes du dix-septieme siecle ; il fut consécutivement professeur en Théologie à Utrecht & à Leyde. Il publia un grand nombre de livres didactiques, polémiques, pratiques, & historiques, tant en flamand qu’en latin. Il mourut fort considéré en 1666, n’ayant encore qu’environ quarante-neuf ans. On trouvera son article dans Bayle.

Scriverius (Pierre) a rendu service à la littérature par les éditions qu’il a données de Végece, de Frontin, & d’autres auteurs sur l’Art militaire ; il publia le premier les Fables d’Hygin : mais l’histoire de Hollande lui a des obligations plus particulieres par deux grands ouvrages, dont l’un s’appelle Batavia illustrata, & l’autre, Bataviæ comitumque omnium historia. Il mourut en 1653 âgé de soixante-trois ans, selon Hoffmann.

Trigland (Jacques) fut professeur à Leyde en Théologie & en antiquités ecclésiastiques ; il a mis au jour divers petits traités sur des sujets curieux & choisis, comme de Dodone, de Koerœis, de corpore Mosis, de origine rituum Mosaïcorum, &c. Il mourut en 1705, à cinquante-quatre ans. (D. J.)

Harlem (mer de), en flamand Harlem-maer, (Géog.) c’est ainsi qu’on appelle une inondation entre la ville de Harlem dont elle porte le nom, & celles d’Amsterdam & de Leyden : elle se forme du