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LES CARILLONS.

avait plus de communication possible entre lui et les braves gens de sa connaissance qui dormaient tranquillement dans leurs lits… réflexion pénible, ou plutôt sensation toute physique qui lui glaça le cœur. Pendant ce temps-là, cependant, ses yeux, sa pensée, sa terreur, se fixaient sur les figures qui le regardaient lui-même, — ne ressemblant à aucune figure de ce monde, par l’effet de la nuit qui les enveloppait aussi bien que par leurs formes extraordinaires, par leurs yeux immobiles et leur suspension surnaturelle au-dessus du plancher… Trotty les voyait néanmoins aussi distinctement que les solives de chêne et les barres de fer qui composent ce qu’on appelle dans le clocher la cage des cloches, véritable échafaudage compliqué, enchevêtrement de charpentes entrecroisées parmi lesquelles les cloches se tenaient suspendues pour continuer leur inspection vigilante, comme parmi les branches d’un bois frappé de mort exprès pour servir de retraite à leur fantastique existence.

Un souffle d’air — froide rafale — vint gémir à travers le clocher ; quand ce souffle expira, le Bourdon ou le spectre du Bourdon parla :

« Quel est celui qui vient nous voir ? dit la voix, voix lente et sonore que Trotty crut entendre sortir aussi comme un écho multiple de l’intérieur des autres cloches.

— J’avais cru que les carillons m’appelaient par mon