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Tribune ou tout autre journal hostile à l’esclavage pour que la gentry esclavagiste lui signifiât de déguerpir sans délai, heureux s’il n’était pas goudronné et emplumé, et quelque fois même pendu à un arbre le long de la route ! ! On ne permettait pas même aux prédicateurs d’ouvrir la bouche sur les abus de l’esclavage ! Je dirai plus. Quelques citoyens du Nord se sont trouvés obligés, pour ne pas être brutalement chassés, d’acheter un ou deux esclaves, pour témoigner en quelque sorte leur orthodoxie sur l’institution.

Une fois leurs affaires terminées, ils revendaient leurs esclaves et revenaient au Nord !

Les planteurs pouvaient, non-seulement sans molestation, mais sous la garantie des lois et la protection active de l’autorité, parcourir tout le Nord avec leurs esclaves et faire rage à leur gré contre l’abolitionnisme ; mais si un homme du Nord était surpris au Sud avec un journal, un pamphlet hostile à la peculiar institution ; s’il se prononçait tant soit peu ouvertement contre elle, alors on le conduisait, quelque fois dans un costume singulièrement léger, hors d’une ville ou d’un village, au son du fifre et du tambour, et on lui appliquait sur le front les mots « abolitionniste maudit ! ! ! »

Mais par exemple, nombre de limiers du Sud allaient au Nord voler des nègres libres (non pas des nègres fugitifs, mais des nègres