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de la ville ils voient un nègre venant à leur rencontre, et sans dire gare, l’un deux l’abat d’un coup de fusil. Puis ils reviennent aussi tranquillement à la ville que s’ils avaient dépêché un lapin. Néanmoins, la chose s’ébruita, et il était question de faire intervenir l’autorité. Se voyant découverts, les deux individus, après quelques recherches, découvrent le maître du nègre et lui promettent de lui payer sa valeur. Voilà toute la punition qu’ils en eurent. Ils avaient désintéressé le maître, que pouvait-on raisonnablement demander de plus ? Celui-ci avait son argent en poche, que signifiait la vie d’un nègre ? Cela valait-il la peine d’inquiéter deux honnêtes gens ? On les laissa donc tranquilles.

Moins de deux semaines après cette aimable récréation, les forces fédérales étaient entrées à la Nouvelle-Orléans. Alors les nègres comprirent qu’ils pouvaient se faire entendre, et ils firent informer le général Butler de l’assassinat de l’esclave. Le général fit arrêter les deux chasseurs et ils étaient encore en prison quand la personne qui m’a communiqué ce fait laissa la Nouvelle-Orléans quelques mois plus tard.