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lesquels on assassinait à droite et à gauche dans les moment de colère. Et non-seulement les gens s’assassinaient réciproquement à tout propos, mais souvent la foule prenait en main l’exécution de la loi et massacrait ou pendait un homme. C’était ce que l’on appelait la loi de Lynch.

Les exécutions faites par la foule à la barbe des autorités étaient loin d’être rares. Et il n’était pas nécessaire, pour cela, d’avoir commis un crime, car pour peu que l’on donnât ombrage aux planteurs, pour peu que l’on s’exposât à faire naître chez eux l’idée que l’on était hostile à l’esclavage, on était bien vite traqué de toutes parts et chassé brutalement d’une localité, si non pendu à un arbre du chemin. Quand il s’agissait d’un blanc on le pendait ou on le fusillait, mais s’il s’agissait d’un noir qui eût commis un crime, très souvent on le brûlait vif et des milliers de personnes venaient assister au spectacle.

En 1835, une panique se répand dans le comté de Madison, Miss. On disait qu’une insurrection des nègres était imminente.

La population s’émeut et sans l’ombre de preuves on pend cinq blancs et cinq