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faisait pas travailler au delà de leur forces, on ne leur allouait aussi que deux gallons et demi de maïs par semaine… On donnait un chapeau et des souliers en hiver à ceux qui allaient bûcher le bois ou faire les clôtures, mais pas aux autres… On travaillait peu sur cette plantation. Un homme du Nord eût fait autant d’ouvrage que cinq de ces esclaves, et cependant je n’ai jamais vu rassemblement d’êtres humains plus misérables, plus dégradés. Les dettes, les taxes, les dépenses de toute espèce n’étaient couvertes que par la vente des esclaves et la plantation recevait presque chaque semaine la visite de l’acheteur d’âmes. Il n’y avait pas une seule famille complète parmi eux, les parents même ne vivaient pas avec leurs enfants, à la seule exception des mères qui nourrissaient encore les leurs. (Voici qui prouve combien ce maître apportait d’attention à ne pas séparer les familles. Pas une famille complète sur au moins cent familles puisqu’il y avait cinq cents nègres !)

« J’ai souvent vu ces mères, à la pointe du jour, prendre leurs enfants et leur galette de maïs, et marcher en lente proces-