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suader, mais que dans tous les cas il voulait opérer une réconciliation.

Après cette avance du père, John Ross part de sa pension, son fusil chargé et bourré avec la lettre de son père, et se dirige vers sa maison. Il aperçoit son père sur le seuil, fait feu et le vieillard tombe mort !

Voilà certes, bien pis que tuer un esclave ! Eh bien pas une plainte ne fut faite ! Pas une information ne fut logée dans les mains de l’autorité ! ! Aucuns procédés préliminaires ou judiciaires n’eurent lieu. John Ross était devenu très riche, il sema des présents à droite et à gauche et il resta l’hôte de la meilleure société de l’endroit !

Est-il bien étonnant après cela que le meurtre des nègres demeurât habituellement impuni ? Et puis, croyez-vous qu’après avoir froidement logé une balle au cœur de son père, il dut en coûter beaucoup à John Ross de torturer un esclave jusqu’à ce qu’il en mourût ?

Les planteurs avaient l’habitude de dire aux voyageurs qui allaient au Sud : « Quand quelqu’un maltraite ses esclaves, nous cessons de faire société avec lui. »