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zéalle. Ce procès est rapporté au long dans Howard’s reports, vol II p. 837. Le juge, nommé Sharkey, cassa le testament, déclara l’acte d’émancipation « une offense contre la morale, et d’un exemple pernicieux et détestable, » décida que les demandeurs étaient propriétaires légitimes des biens de Brazéalle et que sa femme et son enfant étaient de droit leurs esclaves ! !

Nous avons vu tout-à l’heure qu’une femme et des enfants avaient été vendus parce que le mari et père, nègre libre, avait oublié d’émanciper la femme qu’il avait achetée pour l’épouser ; nous voyons ici un blanc émanciper sa femme pour se marier avec elle, et voilà un juge qui déclare l’acte d’émancipation immoral et dangereux à l’institution sacrée, et condamne à l’esclavage perpétuel une femme émancipée et l’enfant d’un homme libre ! ! Le code noir, comme le code inquisitorial, ne lâchait jamais ses victimes ! !

Voyez l’esclavage au Brésil, ou même à Cuba. Il a bien ses horreurs sans doute, mais enfin la loi établit certaines mitigations. Elle permet à un esclave de faire établir par une cour de justice, et de faire