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IROQUOISIE

en effet que ce même parti huron avait perdu une vingtaine de ses guerriers, dans une autre bataille, quelques jours auparavant,[1] peut-être à la chute de la Chaudière.

Les Iroquois arrêtent toute circulation de marchandises et de pelleteries sur la grande voie commerciale de Champlain. Et la situation est telle que le fait suivant se produit. Au mois de septembre Louis d’Ailleboust de Coulonges monte à Montréal en barque. Matelots et passagers se demandent si le fort n’a pas été pris et brûlé. Les Montréalistes se demandent de leur côté si la barque a pu passer. Enfin ces derniers voyant que l’embarcation est là, sur le fleuve, se décident à aller au-devant de leur visiteur : « …On n’osait l’aller quérir dans sa barque à cause des embûches, et lui n’osait non plus approcher ». Les Français exécutent cette marche avec précaution : « Encore eurent-ils bien peur des ennemis en revenant »[2], dit Dollier de Casson avec son bon rire de géant.

Les colons ont déjà reçu un peu de canon en 1642. Maintenant, après le départ des dépêches, ils arrachent la palissade qui entoure la place. Et, sous la direction de M. D’Ailleboust, et d’après les plans qu’il a dessinés, ils construisent à la Pointe-à-Callières un fort à bastions en bois. La garnison emploiera aussi des dogues pour dépister les Iroquois dans le voisinage. Saint-Malo connaissait bien ce moyen de défense. Sous la direction de Pilote, les chiens feront bonne garde.


(1643)

L’année 1643 n’est pas moins funeste à la Huronie que l’année 1642. Elle perd de nombreux guerriers dans la région de la Nouvelle-France. Elle en perd chez elle.

Des chrétiens et des païens forment un parti d’une centaine de guerriers. Tous sont courageux et résolus. Ils forment le dessein de se rendre sur la

  1. Idem, 1644-81-2.
  2. Dollier de Casson, Histoire du Montréal, p. 47.