Page:Desmoulins, Camille - Le Vieux cordelier (n°6).pdf/8

Cette page n’a pas encore été corrigée

se contentent de rayer les lys, au lieu que la malheureuse pendule, qui vaut bien 1200 livres est, malgré son trefle, emportée par eux-mémes, qui ne se fioient pas aux crocheteurs d’un poids si précieux ; et ce, en vertu du droit que Barrère a appelé si heureusement le droit de préhension, quoique le décret s’opposât, dans l'espèce, à l'application de ce droit. Enfin, notre duumvirat sectionnaire, qui se mettoit ainsi au-dessus des décrets, trouve le brevet de pension de mon beau-père, qui, comme tous les brevets de pension, n'étant pas de nature à être porté sur le grand livre de la République, étoit demeuré dans le porte-feuille, et qui, comme tous les brevets de pension possibles, commençoit par ce protocole : Louis, etc. Ciel! s’écrient les commissaires, Le nom du tyran !... Et après avoir retrouvé leur haleine suffoquée d’abord par l’indignation, ils mettent en poche le brevet de pension, c’est-à-dire, 1000 livres de rente, et emportent la marmite. Autre crime. Le citoyen Duplessis, qui étoit premier commis des finances, sous Clugny, avoit conservé, comme c'étoit l'usage, le cachet du contrôle général d’alors. Un vieux porte-feuille de commis, qui étoit au rebut ; oublié au-dessus d’une armoire, dans un tas dé poussière, et auquel il n’avoit pas touché ni même pensé, depuis dix ans peut-être, et sur lequel on parvint à couvrir empreinte de quelques fleurs de lys, sous deux doigts de crasse, acheva dé compléter la preuve que le citoyen Duplessis étoit, suspect; et le voilà, lui , enfermé jusqu'à la paix, et le scellé mis sur toutes les portes de cette campagne, où tu te souviens, mon cher Fréron, que, décrétés tous deux de prise de corps après le massacre du Champ-