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LA MÈRE

Enfin, cette Ondine (dont le nom de baptême était Hyacinthe et qui ne signa Ondine qu’à partir de 1841), Ondine, âgée de dix-huit ans, donnait la pins vive inquiétude à sa mère.

Je crois bien que la figure d’Hyacinthe Valmore ne serait pas toute seule sortie de l’ombre… Mais on la regarde à la lueur que projettent sur elle Marceline et Sainte-Beuve, et, par eux, elle acquiert une personnalité qui fait presque oublier qu’elle vit de leur nom.

Sainte-Beuve a tracé d’Hyacinthe un crayon qu’il faut reproduire, parce que nul — et pour cause — n’y pouvait porter plus d’attention, de sympathie et de talent.

Cette charmante Ondine avait des points de ressemblance et de contraste avec sa mère. Petite de taille, d’un visage régulier avec de beaux yeux bleus, elle avait quelque chose d’angélique et de puritain, un caractère sérieux et ferme, une sensibilité pure et élevée. À la différence de sa mère qui se prodiguait à tous et dont toutes les heures étaient envahies, elle sentait le besoin de se recueillir et de se réserver ; ces réserves d’une si jeune sagesse donnaient même parfois un souci et une alarme de tendresse à sa mère, qui n’était pas habituée à séparer l’affection de l’épanchement.


Esquisse à laquelle Sainte-Beuve ajoutait ces accents :

Le caractère d’Ondine était une des préoccupations de sa mère. Il y avait entre elles deux différence de nature et d’habitudes. La raison parfois silencieuse