Page:Descaves - La Vie douloureuse de Marceline Desbordes Valmore.djvu/15

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



AVANT-PROPOS




Marceline Valmore était depuis un mois en deuil de sa fille Ondine, lorsqu’elle reçut cette lettre déchirante du vieux Raspail, réintégré en prison à Doullens, iiprès avoir lui-même assisté aux derniers moments d’une compagne regrettée.

« Mon excellente et infortunée amie, vous m’avez appris une cruelle mort, je vous en apprends une aussi cruelle ; en fait de malheur, nous sommes quittes ; vous avez perdu un ange, j’ai perdu un martyr. Mme Raspail vient d’expirer. On écrit beaucoup de vies de saintes ; si cette âme angélique avait eu la moindre superstition, elle serait un jour canonisée. »

À qui le disait-il ! À une autre âme angélique. Et comme celle-ci, au témoignage de Sainte-Beuve, offrait précisément « les douces superstitions légendaires et les crédulités qu’elle avait