Page:Descaves - La Vie douloureuse de Marceline Desbordes Valmore.djvu/144

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
122
MARCELINE DESBORDES-VALMORE

Leur lune de miel n’en fut pas moins celle des mariages d’amour. Plusieurs lettres de l’épousée attestent autre chose que l’affection modérée d’une amante inconsolable en proie au souvenir. Un vif et doux émoi des sens paya Valmore de retour. Et l’on peut croire qu’il n’avait pas, en quoi que ce soit, affaire à uue simulatrice. Le drame sentimental qui faisait partie intégrante de ses malheurs de jeunesse, restait dans l’esprit de Marceline comme un motif d’inspiration qu’elle oubliait à tout le moins dans les bras de son mari. Son grand amour lui remonta du cœur dans la tête et n’en délogea plus. Valmore fut le régime nouveau sous lequel on regrette toujours un peu l’ancien, lors même que la comparaison, dans les réalités, profite au temps présent. C’est en amour que les parvenus demeurent le plus longtemps fidèles à leur origine.

Au bout de dix mois de mariage, Marceline mit au monde une fille, Junie, qui mourut, en nourrice, à Careghem, trois semaines après (11 août 1818).

Ses couches, son deuil, n’empêchaient pas la comédienne de paraître cette année-là, non seulement à l’ordinaire, aux côtés de son mari, mais aussi dans les pièces que venaient représenter les grandes vedettes parisiennes comme Joanny, Mlle Mars et Mlle Georges. Ce n’est que beaucoup plus tard, néanmoins, qu’elle se lia avec Mlle Mars, à laquelle le jeune ménage fut d’abord indifférent.

Le public bruxellois fit fête à Mme Valmore