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MARCELINES DESBORDES-VALMORE

J’ai tout perdu ! mon enfant par la mort,
Et dans quel temps ! mon ami par l’absence,
Je n’ose dire, hélas ! par l’inconstance ;
Ce doute est le seul bien que m’ait laissé le sort.
Mais cet enfant, cet orgueil de mon âme,
Je ne le devrai pins qu’aux erreurs du sommeil :
De ses beaux yeux j’ai vu mourir la flamme,
Fermés par le repos qui n’a point de réveil.
Tu t’es enfui, doux trésor d’une mère.
Gage adoré de mes tristes amours ;
Tes beaux yeux, en s’ouvrant un jour à la lumière.
Ont condamné les miens à te pleurer toujours.

Ouatrième épître à Délie :

Vois-tu sous l’herbe tendre,
Ce précieux tombeau ?
Là, mon cœur vient attendre
Qu’on en creuse un nouveau.
Oui, mon fils !… l’arbre sombre
Qui se penche vers toi,
En te gardant son ombre
Croîtra bientôt sur moi.

Enfin, la pièce : Souvenir, de l’édition des Élégies et Poésies nouvelles (1825) commence ainsi :

Toujours je pleure au nom de mon enfant.
Sans sa beauté, rien n’est beau dans ma vie.

On ne peut donc pas dire que Marceline nous a caché, a caché à son mari l’existence de cet enfant.

Mais ce n’est pas tout. Autre part que dans la