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Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/320

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Il faut déployer d’autres armes dans la lutte des idées. Pour vaincre il faut beaucoup aimer, croire fortement, vouloir plus fortement encore, suivre ces exemples que nous donnent nos maîtres, un Michelet, un Hugo, un Quinet. Voilà ce que l’on doit exiger, ce que l’on peut attendre de la jeunesse qui travaille et qui pense. Ses qualités sérieuses, son énergie froide et taciturne, sont les meilleures garanties du succès, qui est ici-bas le prix de la persévérance. La jeunesse n’a qu’à rompre absolument avec le mauvais du siècle et à tourner le dos à tous ces désœuvrés, qui, faux jeunes gens, blasés comme des vieillards sans dignité, ignoreront toujours les deux vertus premières sans lesquelles il n’est pas de vraie jeunesse, la tendresse et la fierté.

Jeunes gens, vous dont nous connaissons toutes les vertus aguerries et tous les solides mérites, méditez cette loi de votre âge, soyez tendres, soyez fiers. Visez à devenir des héros pour être au moins, dans toute l’acception de ces deux titres, des hommes et des citoyens. Le temps, ce maître irrésistible, assure aux plus éclairés d’entre vous l’autorité librement départie et les premières places du pays, c’est-à-dire non les premiers honneurs, mais les premiers devoirs. Faitesvous dignes de concourir aux destinées d’un peuple dont les aïeux ont formulé les Droits de l’homme. Que de nobles affections, qu’une sympathie vraiment fraternelle, qu’une infatigable ardeur d’apprendre, que le respect de la tradition patriotique, que le culte de la Justice et de la Liberté, joint au zèle de la Science et