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Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/29

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dialogue est conduit de la maison sur la place publique, et promené, pour ainsi dire, à travers les rues de Syracuse. Figurez-vous deux Syracusaincs causant, dans leur intérieur, de toutes leurs affaires féminines ; puis la conversation et les personnages transportés parmi les Syracusains qui se pressent à la fête d’Ado nis ; l’intervention des passants ; les mots échangés avec le premier venu ; le va-et-vient au milieu de la foule, et, parmi tout ce bruit et ces manéges de femmes, les louanges du jeune amant de Cypris chantées par le plus harmonieux des aèdes.

« O maîtresse qui aimes Golgos, Idalia et la haute Eryx, Aphrodita, qui joues avec de l’or, après le dou zième mois, les Heures aux pieds délicats te ramènent Adonis, tel que le voilà, des bords de l’intarissable Akhéron. Les heures amies, les plus le tes des déesses, mais les plus désirées, car elles apportent toujours quelque chose aux mortels… Voici qu’Arsinoa, semblable à Hélène, orne Adonis des plus riches parures. Auprès de lui brillent autant de fruits mûrs que les arbres en ont porté ; de frais jardins en fleur dans des corbeilles d’argent, des vases à parfums, en or, et pleins des essences de Syrie, et tous ces mets que les femmes font en mêlant dans la poêle des fleurs à de la farine blanche, et ceux qu’elles composent de doux miel et d’huile, imitant tous les oiseaux et les autres animaux. De verts feuillages d’anis flexible ont été domptés et reployés, et par-dessus volent de petits Eros, semblables aux jeunes rossignols qui vont de branche en branche, essayant leurs ailes. O ébène, ô