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Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/208

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Cette profession de foi fait pour nous le principal attrait, l’intérêt durable de cet ouvrage. Car l’étude sur Shakespeare nous a paru comme l’étude sur Mirabeau, dans Littérature et Philosophie mêlées, le brillant, l’éloquent, le pompeux développement d’idées qui sont familières aux lettrés. Ce commentaire ajoute-t-il beaucoup aux notions que nous ont dispensées succès sivement Schlegel, Gœthe, MM. Guizot, Villemain, Philarète Chasles, Montégut et Taine ? La sublimité du style emporte souvent Victor Hugo plus loin que ceux qui l’ont précédé, mais il les dépasse alors par la portée de l’expression plutôt que par l’étendue de la pensée. Autrement, nous n’avons guère saisi au passage de vues nouvelles, d’aperçus destinés à modifier les résultats acquis. « Shakespeare, c’est l’existence…. Il est l’homme cyclique qui forme le moyen âge… il allie à l’horreur souveraine le charme auguste des forts et la grâce profonde… un trouble grandiose, un rêve sacré se mêle à son inspiration. » Toutes idées inconnues il y a un quart de siècle, justes, grandes, mais qui ont été plus d’une fois déroulées, sinon avec la même ampleur de langage, du moins avec une rare puissance de réflexion et de logique. Les pages récentes de Victor Hugo sur Hamlet sont très-belles, mais d’une beauté qui ne fait point pâlir les pages si pénétrantes que M. Montégut nous a livrées sur le même sujet. Ainsi de Macbeth. Mais là n’est pas la question. Dans une étude qui précédait vingt commentaires riches de détails, curieux jusqu’au scrupule, on ne pouvait sans injustice réclamer cette perpétuelle invention critique