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Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/148

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EMILE MONTÉGUT.

Il est sans doute des écrivains plus puissants et plus populaires que M. Emile Montégut. Je n’en connais pas de plus indépendant ni de plus original. Dans un genre difficile à renouveler et qui vieillit plus que tout autre, la critique, il a, pendant seize années d’exercice, introduit la séduction d’une nouveauté persistante et l’attrait d’une incontestable personnalité.

Ce que nous exigeons des poëtes, la mise en œuvre d’une nature, la preuve d’un tempérament, nous le trouvons à chaque page chez M. Montégut. A travers ses recherches sur l’âme humaine, il nous permet à tout moment d’observer son âme, et ce n’est pas un médiocre sujet d’observation : car c’est une âme rare et d’une originalité sympathique. Jamais elle ne se dissimule ; un trait, une réflexion, une épithète, tout la trahit. Dans l’essai sur Hamlet, elle décèle ses affinités avec le prince de Danemark ; elle laisse entrevoir sa parenté avec Werther dans l’étude définitive après laquelle Werther n’est plus à juger. Enfin, chez M. Montégut, l’individu, l’être, se sentant en dehors de la banale