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Que n’ose la Victoire unie à la Vaillance !
Elle a tendu la main au sang du grand Henri ;
Pour conquérir la paix sur le char il s’élance,
Et les nymphes du Tage en secret ont souri.

Cependant à travers les roches de Pyrène
Cet Ulysse français que la victoire entraine
D’un seul son de sa voix, d’un seul de ses regards
Retient ces fiers coursiers, des airs enfans agiles,
Dont le souffle enflammé met en cendre les villes,
Et dont les pieds d’airain font crouler les remparts.

Frères de ces coursiers, impitoyable race,
Que de membres sanglans rassasiait la Thrace,
Ils n’ont faim que de meurtre, ils n’ont soif que de sang ;
Quand leur faim est contente et leur soif assouvie,
Sur cent corps foudroyés qu’abandonne la vie
Leur homicide essieu siffle et crie en passant.

D’Angoulême à des lois soumet leurs cœurs sauvages ;
L’onde, l’herbe, les fleurs des riants pâturages
Pour la première fois composent leur festin ;
Pour la première fois aux plaines ennemies,
Poussés par la Sagesse et non par les Furies,
Ils se sont élancés sans espoir de butin.

Jusqu’auDe la Bidassoa paisible
Jusqu’auQue désertent ses défenseurs,
Jusqu’auLeur flanc dur devenu sensible
Jusqu’auD’un bain frais goûte les douceurs ;
Jusqu’auDe leurs yeux l’horrible lumière,
Jusqu’auLe bruit affreux de leur crinière
Jusqu’aux tours de Madrid ont prolongé l’effroi :