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— C’est qu'autrement vous auriez pu, peut-être, vous apercevoir… entendre l’enfant, veux-je dire. Mais on savait bien qu’il n’y avait rien à craindre de ce côté… Monsieur, je descends le chercher en bas.

— Et moi, je monte, dit brièvement Even. Il me paraît improbable que l’enfant ait eu l’idée de s’en aller là-haut, mais il faut tout prévoir.

Mathurine s’éloigna précipitamment, et Alix la suivit, malgré ses objurgations. Au bout d’un long couloir suintant l’humidité et semé de pierres détachées des murailles, la servante montra à Alix une petite porte de fer largement ouverte.

— Voyez-vous, les portes, ici, s’ouvrent bien à propos, dit-elle d’un ton frémissant. Le petit sera venu jusqu’ici, sans doute, par les salles en ruine… C’est un bon chemin, les pierres se détachent et peuvent bien assommer un enfant… Et, arrivé ici, comme il est très curieux et pas peureux, le petit aura voulu aller plus loin, voir ce qui se passait par-delà cette porte, et alors…

Tout en parlant, elle avait descendu les degrés de pierre usés et branlants et se heurta à une petite porte close.

— Et alors, acheva-t-elle d’une voix altérée, il a continué à descendre…, la porte a été refermée… non, elle s’est refermée toute seule, par un coup de vent peut-être, quoiqu’il n’y ait pas un souffle d’air dans ce souterrain… À moins que le fantôme de la comtesse Anne n’ait fait le coup…

Sous l’empire de l’immense anxiété qui la torturait, Alix ne songea pas à s’étonner des singulières paroles de la servante… Celle-ci avait ouvert sans difficulté la petite porte, et, maintenant, recommençaient les marches, de plus en plus effritées. Une humidité glaciale tombait sur les épaules des deux femmes… Elles atteignirent enfin une grande salle