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VINGT-QUATRE HEURES

toucher. Je ne puis douter enfin qu’orgueilleux et violent, s’il pouvait soupçonner seulement que c’est vous qui m’enlevez à lui, il ne s’en vengeât en abandonnant votre cause, ce qui déciderait votre ruine. Je sais tout cela, vous le voyez, mon ami ; il m’arrive même de comprendre le sentiment qui vous fait refuser de m’associer à votre sort avant qu’il soit honorablement fixé ; mais il est des bornes qu’on ne peut franchir ; il est des lois que la faiblesse humaine ne peut s’imposer à elle-même. Le prince remet de jour en jour la décision qu’il ne cesse de vous promettre : il semble qu’un instinct secret le fasse lire dans nos âmes. Depuis six mois je suis dans cet état violent ; il commence à surpasser mes forces, et je n’ai plus qu’une pensée, celle d’être à vous ; qu’une crainte, celle de n’y être pas. Cher, trop cher ami, je t’en conjure ! trouve un moyen, quel qu’il soit, de me satisfaire. Si ce n’est point pour te préserver des dangers que je redoute, que ce soit pour me préserver de moi-même. Que t’importe, après tout, la décision qui t’arrête ! Ton nom seul n’est-il pas le plus beau titre du monde ? Ma fortune ne nous