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Page:De Forges, de Leuven, Roch - L'alcôve.pdf/19

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MARIELLE.
Même air.
––––––––Adieu, brav’ militaire,
––––––––Partez, oubliez-moi…
––––––––Près d’ vous je dois me taire,
––––––––Car un autre a ma foi…
––––––––Mais, tant qu’dur’ra la guerre,
––––––––J’promets que je dirai
––––––––Pour vous une prière
––––––––Chaqu’fois que j’entendrai
––––––––Ran plan, ran plan, etc.

Scène VI.

Les Mêmes, SAUVAGEOT.



SAUVAGEOT, en dehors.

Ohé !… ohé !… noirotte… arrête-toi donc !… (Il entre en scène par la gauche, portant un sac sur sa tête.) Ah !.. encore le militaire !


RAYMOND.

Ah ! ah !… c’est toi, monsieur Sauvageot…


SAUVAGEOT.

Oui, citoyen sergent, c’est moi… et deux boisseaux de pommes de terres que j’apporte à mam’selle Marielle.


RAYMOND.

A mam’selle,


SAUVAGEOT.

Je veux dire à ma femme… Quelle bêtise !… moi qu’appelle ma femme mam’selle… (A part.) Il me semble qu’ils étions bien près l’un de l’autre quand je suis entré… ça m’est suspect… (Il va déposer son sac.)


RAYMOND.

Qu’est-ce que tu parles encore de suspect ?


MARIELLE.

Depuis quelque temps il n’a que ce mot-là dans la bouche…


SAUVAGEOT.

Vous n’y croyez peut-être pas aux suspects… J’y crois moi… A preuve, qu’en ma qualité de municipal et de commandant de la garde nationale du Puy, je viens de donner des ordres pour en guetter un fameux de suspect.


RAYMOND.

Bah !…


SAUVAGEOT.

Oui… oui… oui… C’est une affaire qui peut me faire de l’honneur…Tel que vous me voyez, je suis susceptible d’être mis de dans les papiers.