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Lettre-préface à l’honorable
M. David


Mon cher sénateur,

Vous avez eu, dans vos plus jeunes années, l’idée patriotique de rappeler (j’allais dire de chanter tellement leurs hauts faits confinent à l’héroïsme) à vos contemporains, qui les connaissaient peu ou mal, les mérites de Papineau, LaFontaine, Morin et Nelson ; vous avez consacré à la mémoire des plus pures et des plus méritantes gloires nationales les plus belles pages de votre œuvre littéraire. En plaçant ainsi dans votre galerie de portraits celui de sir Wilfrid Laurier, vous avez complété votre noble tâche.

Il vous appartenait plus qu’à tout autre — car ici votre labeur répondait à une admiration affectueuse — de suivre, étape par étape, la carrière de l’homme éminent qui préside aujourd’hui aux destinées du Canada, de décrire cette étonnante ascension humaine qui a conduit, par la seule poussée de la valeur personnelle, un enfant de la paroisse de Saint-Lin au sommet de notre politique et de ce point, à la demeure royale de Windsor, puis à l’Élysée. C’est alors (en 1897 et en 1902,) qu’il vint en contact avec quelques-uns des hommes les plus marquants de l’Europe,