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LAURIER ET SON TEMPS

les propriétés des Métis, et ses officiers et représentants répondaient aux protestations de ces pauvres gens par des paroles pleines d’arrogance.

Quelques-uns des agents du gouvernement, des missionnaires, suppliaient les ministres d’acquiescer aux justes demandes des Métis. En 1882, ces pauvres colons s’adressèrent eux-mêmes au gouvernement dans les termes suivants :

« Nous désirons que vous donniez des ordres pour que les terres soient arpentées le long de la rivière en lots de 10 chaînes de large et de 2 milles de long. C’est un ancien usage de diviser ainsi les terres, et ce serait un moyen facile de nous faire connaître les limites de nos terres respectives. »

Le département de l’Intérieur leur répondait :

« Quant à l’arpentage du territoire en question, toutes les terres dans les territoires du Nord-Ouest doivent être arpentées d’après le mode actuellement en vigueur. »

Est-il étonnant que les Métis aient perdu patience ?

Ils allèrent chercher Riel, qui vivait tranquillement avec sa famille aux États-Unis, où il était maître d’école, et le décidèrent à venir les aider à défendre leurs droits.

Après des tentatives inutiles de conciliation, des coups de fusil retentirent sur les bords de la Saskatchewan ; l’insurrection se propagea jusque parmi les sauvages, qui prirent les armes, et des faits regrettables eurent lieu.

Les insurgés furent écrasés, et les chefs des sauvage et des Métis furent arrêtés.

C’est alors que M. Blake, le chef de l’opposition, demanda compte aux ministres, dans un réquisitoire formidable, de leur conduite envers les Métis, et mit devant la Chambre la proposition suivante :

« Que dans l’administration des affaires du Nord-Ouest par le gouvernement actuel, antérieurement au dernier soulèvement, il s’est produit des cas de négligence,