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LA GRANDE AVENTURE DE LE MOYNE

Dalmas, aumônier en remplacement du père Silvy rentré à Québec. Le médecin du corps et celui de l’âme (comme dit un honnête cliché) étaient dis parus ; la position devenait intenable. Laissant au fort cinq hommes, avec le meurtrier, deux soldats partirent à pied pour Québec. Aussitôt, trois navires anglais paraissaient. Un premier assaut ne fit pas broncher les Canadiens. Mais ils ne s’entêtèrent pas ; dans la nuit, ils abandonnaient le fort pour gagner la capitale, à pied eux aussi. Les Anglais s’installèrent dans la place, qu’ils appelèrent Albany et qu’ils ne quittèrent plus. Ils s’emparèrent aussi de Rupert et de Monsipi : la compagnie perdait 200 000 livres. Quelques jours plus tard, la Sainte-Anne arrivait, trop tard toujours. Pourchassée par les Anglais, la flûte pût néanmoins s’échapper.

D’Iberville arrive à la baie le 24 septembre 1694, accompagné de ses frères de Sérigny, de Chateauguay et de Maricourt. Il va s’attaquer tout de suite au principal fort des Anglais, base de leurs opérations et poste de traite de premier ordre. Fort-Nelson est bien armé et retranché. Résolu à le prendre, Pierre recourt aux méthodes qui lui ont toujours réussi : plans préparés avec tant de soin que l’ennemi n’y peut trouver un point faible ; puis, exécution de ces plans avec une fou-