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À LA BAIE D’HUDSON

de le renvoyer à Québec, sous le commandement du capitaine Delorme.

Il revient du fort Quichichouan quand il voit avec surprise deux navires anglais à l’entrée de la rivière. Ce sont l’Hampshire et le North West Fox, envoyés par le roi d’Angleterre à la suite d’une requête où les nobles aventuriers de la baie d’Hudson se plaignent de la piraterie d’Iberville. Celui-ci, n’ayant qu’une barque, tente néanmoins de s’emparer des vaisseaux. N’y réussissant pas, il laisse les Anglais élever un fort à un quart de lieue du sien. Les navires portent 85 hommes et 28 canons. D’Iberville n’a que huit hommes et bien peu d’armes. Comme toujours, payant d’audace, il attaque l’ennemi. Il lui enlève un capitaine et quelques hommes. Puis les Anglais parlementent. Pour vivre en paix, ils acceptent de dures conditions ; ils doivent éviter de passer au sud de leur île, c’est-à-dire près du fort français. D’Iberville veut les empêcher de se rendre compte de sa situation. Lui-même se réserve le droit d’aller où bon lui semble. Les Anglais lui cèderont toutes leurs marchandises pour du castor : il a besoin d’approvisionnements, car le Soleil d’Afrique n’a eu que quatre jours à l’île de Charleston pour décharger une partie des vivres et prendre la moitié des pelleteries accumulées.

Les navires anglais étant pris dans les glaces, il a