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LA GRANDE AVENTURE DE LE MOYNE D’IBERVILLE
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du Mississipi. Les voyages en mer, ce n’est pas l’affaire de La Forest. Mais il croit au succès de son ancien commandant. Il évoque, en son rude langage, les prestigieuses randonnées des explorateurs, car d’Iberville ne se lasse pas de l’interroger pendant les quelques jours où les deux groupes cheminent de concert.

Pour l’heure, les voyageurs sont loin des bayous de la Louisiane ! Ils s’enfoncent dans ces bois sans fin qui feront dire à quelqu’un : « Le Canada est toute une forêt ». Cette forêt inextricable, ils l’abordent à la saison la moins favorable de l’année, au dégel, venu plus tôt que ne le prévoyait le commandant. Impossible d’utiliser les traîneaux ou la raquette. Reste le canot. Mais les rivières sont à tout moment coupées de « rapides effroïables ». Il faut porter à dos canots et approvisionnements, « marchand dans la neige fondue jusques aux jambes ». Les portages ont parfois deux mille pas de longueur. « Dans l’isle de Carillon, un gros arbre pourry tomba sur un de leurs canots et l’écrasa dans sa chutte ».

Ils suivent les chemins tracés par les sauvages et encore utilisés de nos jours, mais souvent impraticables à cette saison. Au Long-Sault, « il faut monter le rapide comme en plain esté, c’est-à-dire dans l’eau jusqu’à ceinture ». Jolie perspective ! D’Iberville se révèle. La forêt canadienne,