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LA GRANDE AVENTURE DE LE MOYNE D’IBERVILLE
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pique, la fameuse Tampique, n’en compte que cent. La province de Laousteque au Mexique, ne résisterait pas à l’assaut de 400 à 500 hommes, affirme Pierre, ajoutant cette fois qu’il n’y faudrait pas même des Canadiens. Les sauvages ? Ils se rangeraient tout de suite du parti des Français, car les Espagnols les traitent durement et leur font verser un tribut annuel de « 22 reales par teste ». Les Espagnols ne se maintiennent que par la forteresse de la Vera-Cruz et les flibustiers de Saint-Domingue ont déjà rançonné cette place !

D’Iberville rêvait, au début, d’ajouter à son empire tout le Mexique. Les deux couronnes unies, il y renonce, mais il veut une alliance formelle avec les Espagnols contre l’ennemi commun, l’Anglais. C’est dans cet esprit qu’il écrit, à la demande de Pontchartrain, le mémoire destiné à la junte de guerre. Il s’y révèle sous un jour tout nouveau. La France voit en lui un grand marin, un homme de guerre remarquable. Il va se montrer habile diplomate, mais surtout profond politique : il a toutes les qualités d’un fondateur d’empire.

Dans ce document, non seulement établit-il avec netteté la position des diverses puissances en Amérique, mais il annonce l’ordre de choses que les événements rendent inévitable. Les petits établissements chers à la France et à l’Espagne ne vivront pas ; un empire se fondera, par ceux qui le voudront