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À LA BAIE D’HUDSON



II

DÉPART POUR L’AVENTURE


I



PARMANDA, vous partirez, mon fils.
Sans répondre, M. d’Iberville lève les yeux sur sa mère. Le pittoresque juron revient aux jours des grandes colères. Malgré la gravité du moment, Pierre sourit au souvenir de l’incident, historique dans la famille, que lui rappelle ce mot. Un matin, dans les champs, la grand mère Primot, attaquée par des Iroquois, s’était défendue comme une maîtresse femme qu’elle était. Tant et si bien que des colons eurent le temps d’accourir, de mettre les agresseurs en fuite. L’un d’eux se penchait sur la Martine, renversée dans l’échauffourée, quand il reçut un magistral soufflet que la bien digne femme expliqua ensuite par cette phrase : « Parmanda, je croyais qu’il voulait me