Page:Daveluy - Les aventures de Perrine et de Charlot, 1923.djvu/9

Cette page a été validée par deux contributeurs.


LES AVENTURES DE
PERRINE ET DE CHARLOT

I

Deux orphelins


Perrine, la bonne petite Perrine se sent bien malheureuse !… La voilà seule au monde avec son frère Charlot, un mioche de six ans. Elle-même ne compte que huit années. Ça n’est vraiment pas très vieux pour avoir charge d’âme. Car sa mère, en mourant, lui a confié son benjamin, son gentil et remuant Charlot. Elle doit veiller sur lui avec le plus grand soin, et, quoi qu’il arrive, ne jamais, jamais le quitter. Perrine a promis d’obéir. Elle l’a promis de tout son coeur. Elle se rappelle quel sourire d’infini contentement a illuminé la figure de sa mère. C’est qu’elle pouvait, en effet, la maman si pâle et si triste de Perrine, se rassurer et quitter ses chéris, le coeur lourd de peine, mais l’esprit bien en paix, Perrine avait promis…

Quel coeur d’or elle a, cette Perrine ! Et avec cela, il faut voir, intelligente, fine, avisée ! Une vraie normande ! Débrouillarde comme pas une, très tenace, le plus souvent silencieuse, elle passe, grâce à ses manières discrètes et douces, à travers toutes sortes de difficultés. On l’adore, dans le paisible village d’Offranville. Il ne se trouve personne, d’ailleurs, qu’elle n’ait obligé. Aussi, depuis