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Les aventures de Perrine et de Charlot


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X

Les heures douces


« Où donc est passé Charlot, mignonne, je ne l’entends plus ? » demande, quelques jours plus tard, Catherine de Cordé à Perrine.

Toutes deux, par ce chaud après-midi de juillet, cousent, assises près de la fenêtre s’ouvrant sur la forêt. Les Bourdon ont cédé à Madame Le Gardeur, au rez-de-chaussée, une pièce claire et très vaste. De beaux meubles apportés de France la garnissent. Il y a là des chaises à haut dossier dont les bois ajourés sont ravissants ; une table « Renaissance » aux pieds sculptés ; un cabinet en noyer orné au centre d’un travail en relief. Il enchante Perrine et Charlot. Ne représente-t-il pas un château à créneaux, aux tours élevées ? Le pont-levis s’abaisse sous les sabots d’un coursier monté par un fier chevalier. « Il vient délivrer la princesse enfermée dans la tour, » déclare Charlot émerveillé. Sur le pan à droite est fixé le tableau où revit l’ancêtre anobli des Le Gardeur, Jean, sieur de Croisilles. Au fond, une riche tapisserie rappelle une expédition en Terre-Sainte de Saint Louis, roi de France.

Perrine, aux paroles prononcées par Cathe-