Page:Daveluy - Les aventures de Perrine et de Charlot, 1923.djvu/76

Cette page a été validée par deux contributeurs.
76
Les aventures de Perrine et de Charlot


m. de courpon, souriant.

Et j’ai conscience de la mériter, mon ami. Que dites-vous des nombreux passagers que j’ai guidés jusqu’ici, et qui seront bientôt de distingués personnages de Québec ?


jean nicolet

Je crie bravo, M. de Courpon. D’autant plus que je crois reconnaître l’accent normand. Ils sont de chez nous ces charmants colons. Allons, n’allez pas me démentir.


m. de courpon

En effet. Et de vieille noblesse normande. Les Le Gardeur ont été anoblis en 1529.


jean nicolet

Oh ! Oh !


m. de courpon

Le père Le Jeune est-il à Québec en ce moment, mon cher Nicolet ?


jean nicolet

Oui. Son âme surabonde de joie. Plusieurs missionnaires nouveaux arrivent, paraît-il.


m. de courpon

Ils répondent tous à l’appel, en effet, sauf le père Jogues, que l’on a retenu à l’île de Miscou.

On met pied à terre. Des scènes émouvantes se produisent. Les quelques sauvages présents retiennent le regard des enfants. Les petits s’effraient un peu. Charlot leur sourit bravement. Un petit Français ne doit jamais avouer qu’il a peur ! Quelques présentations ont lieu hâtivement. Le gouverneur en personne a tenu à paraître sur la rive. Avec grâce, il donne rendez-vous à chacun, dans une heure, au fort Saint-Louis. Le père Le Jeune élève alors la voix et demande