Page:Daveluy - Les aventures de Perrine et de Charlot, 1923.djvu/70

Cette page a été validée par deux contributeurs.
70
Les aventures de Perrine et de Charlot

nouvelle que l’on salue, dont on s’emplit les yeux pour la première fois. C’est la Nouvelle-France avec sa rusticité émouvante, ses solitudes grandioses ; avec surtout, se disent les âmes vaillantes, ses labeurs, ses sacrifices, ses joies, sa jeune gloire dont l’ont nimbée, découvreurs, missionnaires et pionniers du sol. Soudain, l’un des voyageurs pousse une exclamation : « Voyez donc un navire en rade. »

— Et depuis peu, ajoute un autre.

— Le drapeau est hissé sur le fort, reprend un troisième, que se passe-t-il ?

La belle voix grave de M. de Courpon s’élève, et d’un accent qui frémit légèrement : « La sentinelle du fort nous aperçoit. Elle donne le signal. On va bientôt venir. »

Tous se dispersent. Il faut se préparer à descendre sur la terre ferme. Après deux mois de séjour dans cette demeure flottante, si violemment secouée parfois, on en ressent de l’émoi. Tous défilent devant le capitaine qui a son sourire un peu narquois, un peu attendri des meilleurs jours. À la vue de Perrine et de Charlot, il fait quelques pas :


m. de courpon

Eh bien, petite, ta fugue te conduit-elle assez loin ? Le Canada te va-t-il ? Ou pousseras-tu encore sous d’autres cieux ?

Mais Perrine n’a jamais pu vaincre sa timidité vis-à-vis de l’imposant et brillant officier. Elle baisse la tête avec confusion.


catherine de cordé, riant.

Nos petites normandes sont plus braves devant la vie que devant une raillerie, n’est-ce pas, capitaine ?

On a cependant compté sans Charlot, tou-