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Les aventures de Perrine et de Charlot

Le matelot s’empresse d’installer la petite fille dans une barque, près de Charlot, qu’il ne quitte plus des yeux. Une sorte d’intérêt affectueux traverse son regard. Charlot répond plusieurs fois aux attentions de l’infirme par un sourire. Il s’émerveille de l’adresse du marin à manier de lourdes rames.

Les deux petits viennent à peine de se glisser dans le navire en compagnie de l’idiot, qu’un groupe de matelots débouchent d’une rue, à gauche du port, se saisissent, à leur tour, de chaloupes. On s’approche du navire en causant et en riant. La promenade à Dieppe a été belle et l’humeur s’en ressent. On aborde. L’idiot, qui répond au nom de Julien, reparaît au milieu de ses compagnons. Ses yeux brillent. Il regarde autour de lui avec précaution.


un matelot

Qu’as-tu donc, Julien ?


julien l’idiot

Quelque chose que vous ne saurez pas. Quelque chose d’extraordinaire ! Vous n’en saurez rien, vous dis-je, j’ai promis.


un matelot, le regardant en dessous.

Prends garde, l’ami, à ce que tu fais. Il pourra t’en coûter.

(Se retournant vers les autres.)
Ce gaillard-là ne devrait jamais être laissé seul. Vous verrez, il nous jouera quelque sale tour.
(Haussant les épaules.)

Mais je vous en ai prévenu. Tant pis. Quoi qu’il arrive, je m’en lave les mains.


julien, riant.

Bon, c’est cela, lavez-vous-en les mains. Ça n’est pas l’eau qui manque.