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Les aventures de Perrine et de Charlot

est affreux. Le chien aboie. La dame s’agite et se lamente. Les voyageurs rient en la conspuant.


la grosse dame mûre

N’approchez pas de mon chéri, vilains marmots.


perrine, aimable.

Ne craignez pas, Madame, quoique j’aime beaucoup les toutous, vous savez. Et Charlot aussi. Le vôtre est beau, Madame.

Elle exagère beaucoup la mignonne. C’est qu’elle ne veut pas tenir compte de la mauvaise humeur de la voyageuse. Doucement, elle installe Charlot sur la banquette. Elle l’embrasse pour le rassurer. Le petit est étourdi du choc et s’effraie à la vue de tant de figures nouvelles. Sous les pieds de son frère, elle range ensuite les paniers. Un tabouret, quoi ! Puis, elle s’asseoit et regarde autour d’elle… La bonne pensée lui vient d’amadouer son terrible voisin, le caniche. Elle lui offre un morceau de sucre d’orge. Un autre encore. Le chien happe les friandises. Il pousse de petits grognements satisfaits. Bientôt il appuie son museau sur le bras de Perrine. La grosse dame mûre demeure attendrie de l’attention de l’enfant, et s’étonne de l’apprivoisement rapide de son toutou. « Sûrement c’est une bonne petite fille, pense-t-elle, son "chéri" en juge ainsi. » Elle ne discute plus. Amicalement, elle tapote la joue de Perrine et lui tend une pomme. La paix est conclue. Perrine est heureuse.

Quelques heures plus tard, la petite fille n’est entourée que d’amis. Même le vieux monsieur à la tête de momie. Il ne grimace plus en la regardant. Mais aussi, par deux fois, Perrine a ramassé sa canne à pomme d’or. Elle la lui a