Page:Daveluy - Les aventures de Perrine et de Charlot, 1923.djvu/268

Cette page a été validée par deux contributeurs.
268
Les aventures de Perrine et de Charlot


julien l’idiot, craintivement.

Oui, mon capitaine. Et demain aussi, mon capitaine.


charlot, intervenant.

Oh ! M. le capitaine, ce n’est pas cela du tout que je veux, moi. Il me faut bien plus. Julien ne me quittera plus jamais, jamais. Tu m’entends, Julien ?

(Le matelot ne répond rien, mais ses yeux sont éloquents.)

Et puis, vous savez

(L’enfant se rapproche et parle bas à M. de Courpon.)
je suis riche maintenant, M. le capitaine. Je paierai tout ce que vous demanderez pour ravoir Julien bien à moi.

m. de courpon, riant et pinçant la joue de Charlot.

Nous en reparlerons demain, petit. Reviens me voir et causer.

(Avec un soupir de soulagement.)

Hé ! hé ! je ne suis pas du tout fâché de l’événement, Charlot. Bien au contraire. Tu fais en ce moment un homme heureux. Oh ! combien heureux, va ! Julien va te raconter dans quel triste état je l’ai trouvé l’automne dernier. Il te dira aussi qu’il ne voulait plus demeurer au Canada… sans toi ! Depuis son séjour chez les Hurons où il avait été très malade et fort mal soigné, la vie devenait pour lui, une souffrance continuelle. Ici, au moins, pensais-je en le ramenant, il ne verra plus les sauvages, ces ravisseurs de Charlot !… Allons, allons, partez tous deux maintenant.

(Voyant s’approcher la bonne hôtesse.)

Vos amis vous réclament. Que d’aventures à relater, n’est-ce pas ?