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Les aventures de Perrine et de Charlot

quelle distinction dans la démarche gracieuse et souple de la visiteuse ! Interdit, Charlot se lève. Il salue timidement. La bonne hôtesse en fait autant.


le chanoine

Mon petit ami, venez, approchez-vous sans crainte.

(À la bonne hôtesse.)

Chère Madame, j’apporte une bonne nouvelle. D’abord, cette noble dame que je vous présente, c’est Madame Marie-Madeleine de Chauvigny de la Peltrie. Elle est aussi vaillante, que pieuse et généreuse. Ayant résolu de travailler à l’éducation des sauvages, elle va fonder un couvent d’ursulines dans le lointain Canada. Elle s’embarque prochainement.


charlot, fou de joie.

Alors, je pars, moi aussi, Monsieur le chanoine ? Madame… je…

(Tout en avançant des sièges aux arrivants, l’enfant lève des yeux où s’exprime son grand désir.)

Mme de la peltrie

Oui, oui, petit, je vous amènerai là-bas. Je connais votre histoire Charlot, et brûle du désir de vous entendre la raconter vous-même. Vous me narrerez beaucoup de détails, n’est-ce pas, concernant les contrées où je vais habiter avec vous ? Ah ! ces pauvres enfants sauvages, qu’ils m’attendrissent à l’avance, que je les aime déjà !

La voix de la grande dame normande est si douce, si suave, que Charlot, fasciné, se glisse près du fauteuil, encore plus près, sa petite figure extatique, toute tendue de plaisir et d’intérêt.

Le chanoine se met à rire. « Madame de la Peltrie, dit-il, voilà votre première conquête ca-