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Les aventures de Perrine et de Charlot


la bonne hôtesse, mécontente.

Charlot a raison de vous en vouloir, Thomas Balourd. Il aime sa race, il y tient tout comme vous. La plus vaillante race qui soit au monde, n’est-ce pas la nôtre la française ?

(Elle se penche et très significativement ajoute pour lui seul.)

Ce n’est pas Charlot qui s’oublierait au point de ne plus lui faire honneur du tout.


l’hôte taquin, se levant en titubant et le bonnet à la la main.

Vous fâchez pas, ma bonne dame, vous fâchez pas ! Tenez, je vous délivre de ma présence. Bonsoir !


le vieil habitué, il a assisté, sans un mot, à la scène.

Madame, j’entends que l’on parle de sauvages. Vous plairait-il de savoir ce que sont devenus vos anciens pensionnaires ? Si je me souviens bien, vous vous intéressiez à l’un d’entre eux, à celui qui avait les yeux de votre bambin. Thomas Balourd a raison sur ce point, Madame.


la bonne hôtesse, un peu agacée.

Des yeux honnêtes et clairs se ressemblent toujours, où qu’ils se trouvent, à qui qu’ils appartiennent, Monsieur !


le vieil habitué, riant.

D’accord, Madame, d’accord ! Mais je puis raconter ?


la bonne hôtesse

Racontez. Vous êtes toujours captivant, même lorsque vous nous parlez de la pluie ou du beau temps.

(Elle prend une attitude indifférente et range quelques assiettes.)