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Les aventures de Perrine et de Charlot

la livrée écarlate et or, des Suisses, des chambellans, des pages traversent en tous sens la pièce d’attente. Un groupe de jeunes femmes, des filles d’honneur de la reine, font irruption par une petite porte à gauche. Quelles riantes figures encadrées de cheveux bouclés ! Cette jeunesse est vêtue de soieries chatoyantes, vertes, jaunes et bleues. Çà et là brillent des pierreries. Rapidement, elles passent devant les sauvages ébahis de leur grâce. Des officiers de tout grade, des mousquetaires, des ministres, des abbés entrent et sortent sans interruption.

Enfin, vient le tour d’Iouantchou fils et de ses compagnons. Ils s’avancent fièrement, nonobstant les murmures des courtisans moqueurs, les haussements d’épaules des grandes dames dédaigneuses. Près du dais royal, d’où leur sourient avec bonté leurs majestés, Iouantchou fait signe aux Hurons de s’arrêter. Lui seul doit gravir les degrés du trône. Il monte et se prosterne jusqu’à terre. Il dépose aux pieds de Louis XIII et d’Anne d’Autriche une couronne de porcelaine, symbole d’allégeance de diverses tribus sauvages du Canada. Louis XIII accepte en souriant cet hommage ; puis, se penchant, il s’entretient avec Iouantchou, à l’aide d’un truchement. Il s’informe « s’il est baptisé, s’il est marié ou sédentaire ? » Assise aux côtés du roi, bienveillante et attentive, la reine enchante les Hurons. Elle a offert sa main à baiser à Iouantchou fils. Anne d’Autriche est habillée avec somptuosité, mais de blanc entièrement. Sa robe de velours, à longue traîne bordée d’hermine, étale ses plis sur les marches du trône. De riches dentelles ornent la guimpe de son corsage. Sur ses cheveux est posé un diadème de perles. D’autres perles s’enroulent à son cou, à sa taille, à ses poignets. Ainsi