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Les aventures de Perrine et de Charlot

douloureux et meurtri, il doit s’enfermer de longs jours dans sa chambre. Satisfait, son maître rit alors et monologue : « Mon prisonnier ne me mettra pas de sitôt en vilaine posture. Hé ! Je ne veux pas que l’on reconnaisse en lui un Français. Je serais châtié et adieu l’or que l’on me donnera à Québec pour son recouvrement. »

Un jour, cependant, Iouantchou fils arrivant à l’improviste dans la chambre du capitaine huron, le surprend à maltraiter Charlot. Une scène terrible éclate entre les deux sauvages. Très bon, Iouantchou fils, n’habitait pas trop près du capitaine huron, dont l’avarice et la cruauté lui répugnaient. Il ignorait donc ce qui se passait chez son voisin. Et puis, ce qu’était Charlot, pourquoi, bien que Français, il faisait route avec eux, n’avaient jamais piqué sa curiosité. Il avait cru tout bonnement au consentement de l’enfant, en quête d’aventures et de voyages. Selon la méthode des sauvages, il s’était bien gardé de ne jamais questionner là dessus. Chacun d’eux tenait farouchement à son indépendance et à la liberté d’agir comme il l’entendait.

Cette fois, Iouantchou fils intervient. Délivrant l’enfant des liens qui le retiennent à un lourd bahut, il lui ordonne de parler, de lui apprendre la vérité. Charlot obéit. En l’écoutant, les sourcils d’Iouantchou fils se froncent de plus en plus. Le récit terminé, il se lève et se penche, menaçant, vers le capitaine huron.


iouantchou fils

Sagamo, l’enfant ne sera plus touché, n’est-ce pas ? Il y va de ta tranquillité.


le capitaine huron

Mon frère Iouantchou ne ferait-il pas mieux de se mêler de ce qui le regarde ? C’est la coutume de son illustre père. Qu’il l’imite !