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Les aventures de Perrine et de Charlot

cri de guerre, les Hurons s’élancent. Le campement des Iroquois est en état de siège. Siège de courte durée, tant à cause de la surprise des assiégés, de leur mollesse et de leur incapacité à se défendre, que de la furie des Hurons qui frappent sans merci, pillent, brûlent, saccagent. Charlot est épargné. On a tôt fait de reconnaître en lui un petit Français captif. On se contente de l’attacher à un arbre. Au partage des quelques prisonniers que l’on réserve pour la torture, l’un des Hurons s’approche de Charlot, lui intime l’ordre de le suivre de bon gré… et ses liens tombent.

Mais pourquoi donc Charlot aurait-il refusé de suivre le sagamo ? Il est heureux de cette diversion qui vient empêcher l’excursion redoutée, ce voyage dans l’Ouest lointain, d’où peut-être il ne serait plus revenu.

On le charge de butin, et tous se mettent en route. Charlot ignore où il se trouve et n’ose demander où il va. On tourne le dos à la route menant vers l’Ouest, cependant. Cela suffit pour remonter le courage de l’enfant. À la nuit, on décide de se reposer jusqu’au petit jour. Comme Charlot se sent las ! Si las que le sommeil est lent à venir. Tout à coup, il entend parler à voix basse, presque à ses côtés. Il prête l’oreille. C’est son nouveau maître, en conciliabule avec un sauvage très âgé. La connaissance de la langue iroquoise sert à l’enfant. Voilà qu’il ne perd pas un mot de l’entretien. Ah !… il est question de lui.


le vieil huron

Ainsi, c’est toi qui garderas le petit Français ?


le capitaine huron

Oui.