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Les aventures de Perrine et de Charlot

tite fille, qui a pleuré abondamment durant la soirée, vient de céder à la fatigue. Des soubresauts nerveux traversent son sommeil. Mme Bourdon a repris sa place auprès du berceau de son bébé. Seul, le flamboiement d’une bûche qui ronfle et crépite dans la cheminée, — la soirée est fraîche, — éclaire les personnages réunis.

Au bruit léger que font, en pénétrant dans la pièce, Olivier Le Tardif et ses compagnons, au froufrou de la robe de Mme Bourdon, qui allume les bougies, Mme Le Gardeur se redresse et Perrine s’éveille. L’espace d’une seconde, la petite fille considère, le regard vague, les arrivants. Puis, avec un cri de joie, elle se précipite vers Olivier Le Tardif. Il l’entoure vivement de ses bras, tout en dissimulant son visage.


perrine

M. Olivier !… Enfin !… vous venez de la part de Charlot, n’est-ce pas ?… Oh ! le vilain ! Il m’a fait pleurer, et…

Elle s’interrompt, surprise de ne pas entendre un mot réconfortant. Si vite, un mot de bonté rieuse monte aux lèvres du jeune homme. Il adore les orphelins. Ne se souvient-il pas d’avoir été lui-même un orphelin, tendrement protégé par Samuel de Champlain.


perrine, plus bas, les yeux agrandis.

M. Olivier vous ne me répondez pas, vous ne me regardez pas ? Oh !… pourquoi ?… Charlot…

Elle est saisie d’un tremblement nerveux. Ses petites mains, refroidies, se crispent sur celles du jeune homme. Il penche la tête, incapable de fixer les yeux implorants de Perrine. Comme Julien avait eu raison de les craindre !


l’abbé de saint-sauveur, s’approchant.

Ma petite fille, courage !… Charlot s’est sans